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Moqueur gorge-blanche

Enrayer son extinction en Martinique

Qui ?

On trouve le moqueur gorge-blanche Ramphocinclus brachyurus sous deux formes distinctes : la sous-espèce R.b. brachyurus vit dans l’île de la Martinique où elle est restreinte à une petite parcelle d’environ 5 kilomètres carrés dans la Presqu’île de La Caravelle, et la sous-espèce R.b. sanctaeluciae qui vit à Sainte Lucie sur la côte nord-est.

Couple de moqueur gorge-blanche, Martinique, J-M. Fenerole

Ce passereau discret fréquente les zones boisées arides et semi-arides et se nourrit principalement d’insectes. Le moqueur gorge-blanche vit essentiellement en couple. Le nid est une construction volumineuse placée dans un arbre ou un arbuste entre 1,50 et 5 mètres au-dessus du sol, ce qui l’expose fortement à la prédation et au dérangement. La période de reproduction se déroule du mois d’avril au mois d’août et comprend deux oeufs. La durée d’incubation, le temps passé au nid et le détail des soins apportés par les parents aux jeunes sont à ce jour peu connus. Les moqueurs gorge-blanche peuvent mener à terme plus d’une nichée par saison. Le dernier recensement de l’espèce datant de 2003 indique que les effectifs varient entre 1 300 et 2 600 adultes nicheurs dont seulement 200 à la Martinique. Il en subsisterait encore entre 1100 et 2400 à Sainte Lucie. Le moqueur gorge-blanche est ainsi classé « En danger » au niveau mondial (BirdLife, UICN, 2008), et menacé d’extinction à la Martinique.

Pourquoi ?

Alors que le moqueur gorge-blanche se retrouvait anciennement dans d’autres secteurs de la Martinique, les quelques 40 couples restants dénombrés en 1990 par Peters Evans sont uniquement présents sur la Presqu’île de La Caravelle. La concentration des populations sur un site unique, qui plus est une presqu’île, rend ce passereau endémique des petites Antilles, extrêmement vulnérable à l’extinction. Les mesures prises jusqu’à présent n’ont pas permis de modifier le statut de conservation de l’espèce, même si la création de la Réserve naturelle de La Caravelle a permis d’augmenter et de stabiliser ses effectifs [1]. Au sein de la Réserve comme à l’extérieur de la Réserve, les sites accueillant l’espèce ne sont pas identifiés précisément, ce qui ne permet pas de cibler leur protection et leur gestion.

Nos actions

Sur un site du Conservatoire du littoral où la reproduction de l’espèce est bien connue, une technique combinant des sondes, des capteurs in situ et un SIG [2] permettra de caractériser finement l’habitat de l’espèce. Ses exigences écologiques précisées, les sites de présence potentielle de l’espèce seront identifiés sur toute la Presqu’île de La Caravelle à l’aide de la même technique paramétrée, les ressources humaines n’étant pas suffisantes pour effectuer ce travail uniquement par des prospections de terrain. Sur les zones ainsi prédéterminées, des suivis ornithologiques permettront en revanche d’y vérifier la présence de l’espèce.
Ces connaissances permettront d’étendre les limites de la Réserve naturelle aux hotspots de l’espèce nouvellement identifiés, d’analyser l’état de conservation de chaque hotspot, et d’y conduire les aménagements et les mesures de gestion pertinentes. Ces mesures de gestion et d’aménagements pourront être :

  • fermeture de sentiers et aménagements de sentiers de contournement, via des barrières végétales et physiques
  • panneaux d’information sur la règlementation en vigueur pour renforcer ces aménagements
  • piégeage et empoisonnement localisé et ciblé pour lutter contre les chats, les rats et les mangoustes
  • installation de systèmes de prévention de prédation autour des nids identifiés (tubes PVC autour des branches ceinturant les nids)…

Le Parc naturel régional de la Martinique, le Conservatoire du littoral, ainsi que le GRIMAAG sont les principaux partenaires de ce volet.

Restituer, impliquer, sensibiliser

La méthode de haute technologie et les résultats de cette approche seront restitués lors d’un séminaire sur les outils de suivi et d’évaluation de l’avifaune en milieu tropical, organisé dans le cadre du projet en 2014 en Guyane. Les actes de ce séminaire seront restitués plus largement aux acteurs de la conservation par un cahier technique en français, en espagnol et en anglais : « Suivre l’état de conservation de l’avifaune d’outre-mer : retours d’expériences, résultats et évaluations ».

[1les échantillonnages récents évaluent actuellement la population entre 172 et 217 individus ; AOMA, 2007

[2Système d’Information Géographique

Mots-clés : Martinique, Presqu’île de la Caravelle, Moqueur gorge-blanche

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